Depuis Nice, deux heures de route suffisent pour rejoindre le Verdon. Mais, le jour où j’ai osé y aller en haute saison, j’ai compris que juillet et août ne lui rendaient pas justice. Voici pourquoi je ne jure plus que par juin et septembre.
Enfin le Verdon pour moi (presque) toute seule
Mon premier été sur la Côte d’Azur, j’ai fait comme tout le monde : direction le Verdon un samedi d’août. Résultat, j’ai passé plus de temps à chercher une place de parking qu’à regarder la rivière. Aujourd’hui, je préfère de loin profiter des eaux turquoise du Verdon quand la saison se calme. Je loue un emplacement nu, j’y plante ma tente, et le tour est joué : le lac de Sainte-Croix redevient un lac, et je retrouve un bout de rive où poser ma serviette sans négocier avec mes voisins.
Juin, quand l’été n’a pas encore commencé
Après dix ans de Côte d’Azur, j’ai adopté le réflexe local : on bouge avant que le soleil ne tape. Café dans le thermos, je file vers Moustiers-Sainte-Marie, à quelques minutes de mon emplacement. Les ruelles sentent encore le pain chaud, les faïenciers lèvent leurs rideaux, et je monte vers la chapelle sans qu’on me bouscule.
Fin juin, les journées s’étirent, le plateau de Valensole commence à peine à se teinter de violet, et l’eau encore fraîche me réveille mieux qu’un expresso. On sent l’été arriver sans en subir la foule.
Septembre, mon moment préféré
Je l’avoue, c’est ma saison chouchou. Le lac a stocké deux mois de soleil, la baignade est un vrai bonheur, et les vacanciers sont repartis au bureau. La lumière se fait dorée, presque cuivrée sur le calcaire, et mes photos n’ont jamais été aussi belles. Les restaurateurs, eux, retrouvent enfin le temps de bavarder et de glisser leur bonne adresse à l’oreille.
La mienne, c’est le Café Marguerite, à Moustiers, où j’ai pris mon temps pour goûter leurs tapas maison. Le soir, l’endroit prend une tout autre allure : des guirlandes lumineuses courent au-dessus de la terrasse, chaque table a son petit luminaire, et une bonne bière à la main, on n’a plus aucune envie de partir.
Mes petits réflexes pour une escapade réussie
Même hors saison, Je réserve mon emplacement quelques semaines à l’avance, pour choisir mon coin au bord de l’eau en toute tranquillité. J’emporte toujours une petite veste : dès que l’altitude monte, le vent se fait sentir, et les soirées au bord du lac sont plus fraîches qu’on ne l’imagine. Et, je garde une marge dans mon programme, parce qu’un belvédère inattendu mérite bien vingt minutes de plus.
Le Verdon n’a pas besoin du plein été pour être spectaculaire. Il a surtout besoin qu’on lui laisse de la place, et le camping est pour moi la plus belle façon de la lui offrir. Dormir au plus près de l’eau, se réveiller avec le chant des cigales, boire son café face au lac avant que les premiers kayaks ne glissent : voilà ce que juin et septembre m’offrent. Alors, la prochaine fois, laissez la valise d’hôtel au placard et partez planter la tente : le Verdon n’attend que ça !
